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Poly-Actions Inc. : L'histoire racontée par M. Pierre Roberge, épisode 2 & 3

Poly-Actions Inc. : L'histoire racontée par M. Pierre Roberge, épisode 2 & 3

26 juin 2019

Création de Poly-Actions Inc.

Dès le mois d'août 1978, le journal La Tribune annonce déjà des projets pour Poly-Actions. On attend beaucoup de cette future société à capital de risque...En janvier 1979, La Tribune annonce la création de Poly-Actions en ces termes :

À la mi-janvier 1979, les actionnaires sont convoqués en assemblée générale à la salle du Conseil de l'Hôtel de Ville de Thetford pour élire leur premier conseil d'administration. L'assemblée élit Gaëtan Métivier à la présidence, Michel Cyr vice-président, Me Pierre Paradis secrétaire, Pierre Roberge trésorier, et comme directeurs : Denis Caouette, Guy Dodier, Normand Fortier, Claude Gosselin, Georges Larochelle, Marcel McCutcheon, Georges Nadeau, Robert Olivier, François Pellerin, Denis Rousseau, Gaëtan Théberge et Émilien Vachon. C'est un conseil de seize membres qui est lourd à manoeuvrer. Quelques années plus tard, il sera ramené à neuf membres et à cinq membres par la suite.

Le but des investisseurs est de mettre leur compétence et leurs capitaux dans l'entreprise Poly-Actions Inc. afin de maintenir dans la région ses industries et d'en créer des nouvelles. La région de Thetford est mono-industrielle par ses mines d'amiante et quelques autres industries existent à titre de fournisseurs pour les mines. La création d'une société à capital de risque agit comme contrepoids en offrant des emplois dans des domaines non reliés à l'amiante. En cas de pertes d'emplois du secteur minier par une baisse de production, la région sera moins affectée.

Au début de 1980, la Ferme du Lac Aylmer désire se départir de ses usines de transformation du lait et de fabrication de crème glacée Régal de Thetford Mines. Une offre d'achat est faite par une entreprise de l'extérieur qui désire transférer les opérations dans ses propres usines. Des employés de l'entreprise rencontrent la direction de Poly-Actions pour connaître son intérêt car de nombreux emplois sont en jeu.

À cette époque, le gouvernement du Québec a mis sur pied le programme OSE qui, dans le volet 1V du programme, s'implique dans la relance financière d'une entreprise dans la mesure où les employés s'impliquent également. Le conseil d'administration de Poly-Actions imagine un partenariat entre les employés, les producteurs agricoles et elle-même. Les employés continuent de travailler, les producteurs agricoles y trouvent leur compte et Poly-Actions joue le rôle de catalyseur pour lequel elle a été créée. Par l'intermédiaire de notre député provincial Gilles Grégoire, nous demandons une subvention de 600 000 $ du programme OSE. Celui-ci adresse notre demande au ministre de l'agriculture Jean Garon qui intervient auprès du Conseil des Ministres. Dans les jours suivants, notre demande est acceptée et nous présentons une offre d'achat qui est acceptée par la direction de Ferme du Lac Aylmer.

On forme la compagnie LES PRODUITS RÉGAL (1980) INC. Poly-Actions Inc souscrit 450 000 $, Gestion Unité 71 Inc (les employés) 230 000 $ et PFL Inc (les producteurs de fermes laitières) 100 000 $. C'est une grosse commande pour Poly-Actions qui investit 90 % de son capital dans une seule entreprise. À titre de trésorier de la compagnie, je dois voir aux emprunts nécessaires pour financer la totalité de la transaction. Je m'adresse à La Caisse Populaire de Thetford pour ce financement car notre entreprise est une forme de coopérative. À ma grande surprise je reçois une réponse négative expliquant que la Caisse ne prête pas à ce genre d'entreprise. C'est vrai qu'en 1980 la Caisse est moins bien organisée pour un prêt d'un montant aussi élevé. Je traverse la rue et j'obtiens le financement de la Banque Nationale du Canada.

Lors de l'inauguration officielle de la nouvelle compagnie, parmi les invités d'honneur, il y a la jeune Ministre des Affaires Sociales Pauline Marois qui nous remet l'importante contribution financière du Gouvernement du Québec. Lorsque je lui ai offert de remiser son manteau, je ne me doutais pas qu'un jour, cette jeune femme, qui laissait sur son passage des effluves printaniers, deviendrait la première Première Ministre du Québec.

Le Conseil d'administration, composé de membres des trois investisseurs, se réunit le lundi matin en assemblée hebdomadaire. Michel Cyr occupe le poste de directeur général. Il est nécessaire de comprendre rapidement tous les rouages des deux divisions et de connaître les lacunes qui causaient des pertes pour l'administration précédente. Tout d'abord nous fusionnons les bureaux des deux divisions afin d'améliorer la qualité de notre système de comptabilité. Nous trouvons des lacunes dans la distribution du lait et un manque flagrant de contrôle des inventaires de la section crème glacée.

Ancienne et nouvelle présentation de Régal

À la fin de février 1981, à titre de président de LES PRODUITS RÉGAL (1980) INC., je convoque tous les livreurs de lait en réunion spéciale dans la salle de conférence. Je les avise que dès le 1er mars 1981, notre système de distribution du lait passera complètement à des producteurs indépendants. Un profond silence s'ensuit...Je continue en leur disant que chacun d'eux aura la priorité sur le territoire qu'il dessert actuellement et que nous lui vendons le camion à bas prix. Je remets à chacun une enveloppe indiquant les revenus qu'il aurait faits si cela avait été fait l'année précédente. Je reçois quelques insultes bien légitimes dans les circonstances de cette annonce et j'invite chacun à bien analyser le contenu de la proposition, car personne ne perdra au change. Un seul livreur n'a pas accepté l'offre. En mars 1982, à l'occasion de l'assemblée générale de la compagnie, les distributeurs autonomes m'ont tous admis qu'ils étaient heureux de leur statut et de leur situation financière.

Les employés sont syndiqués auprès de la CSN. Lors du renouvellement de la convention collective à la division de la crème glacée chez Régal, la négociation se déroule sans anicroche. Et lors d'une entrevue avec les journalistes, j'ai mentionné, en répondant à une question portant sur nos relations avec les employés, «que des négociations dans ces nouvelles conditions ont l'avantage de se faire en n'ayant pas le caractère d'agressivité qui caractérisent souvent les renouvellements des conventions collectives. Bien entendu, le jeu de la négociation reste le même et les demandes de même que les offres ont à être ajustées par le jeu des pourparlers entre les parties. Tout se fait dans un climat plus serein et comme les employés sont également propriétaires de l'entreprise, l'attitude n'est pas la même».

Je n'ai dit que la vérité. Dans d'autres dossiers, j'ai négocié avec quelques syndicats au cours de ma vie et l'atmosphère n'était pas la même. La centrale syndicale ne semble pas aimer mes propos.

Il n'en fallait pas plus pour que la CSN prenne «le mors aux dents». Lisez l'article ci-joint paru dans l'édition du 6 octobre 1981 du journal Le Progrès-Carrousel :

Suite à l'investissement dans Produits Régal, Poly-Actions doit regarnir ses coffres et lance en 1981 une offensive de recrutement de nouveaux actionnaires parmi les professeurs du CEGEP, de la Commission Scolaire et de gens d'affaires. L'investissement demandé à chacun est de 3 000 $ et l'actionnariat augmente à 111 membres. Aucun actionnaire ne peut détenir plus de 10 % du capital-actions de la compagnie. Il y a une seule catégorie d'actions. Le conseil d'administration diminue ses membres à neuf.

Le 14 décembre 1984, la compagnie Les Produits Régal (1980) Inc cède la totalité de ses actions à la coopérative agro-alimentaire Purdel qui continue les opérations à Thetford Mines. Au moment de la vente, le chiffre d'affaires est supérieur à 9 millions de dollars, 46 employés y travaillent et 20 distributeurs indépendants livrent le lait. Les trois actionnaires ont décidé unanimement de se départir de l'entreprise en encaissant un très bon profit. Les emplois sont conservés, la compagnie est rentable et les producteurs agricoles continuent leur livraison comme d'habitude.

Épisode no 1 : https://www.regionthetford.com/fr/actualites/2019/06/04/poly-actions-inc-l-histoire-raconte-par-m-pierre-roberge-episode-1/

D'autres épisodes suivront périodiquement.
Un texte de Pierre Roberge.




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